
Après Pucon, un petit retour sur Santiago pour récupérer savon et shampoing oubliés une semaine plus tôt, puis direction Valparaiso.
Cette ville faisant partie des hauts lieux touristiques du Chili a effectivement son petit charme. Etablie en bord d’océan, elle s’étend de façon vertigineuse dans les terres, à l’assaut de plus de 40 cerros, ces petites collines aux pentes plus ou moins douces typiques du Chili. Ce sont donc des centaines de ruelles qui tentent d’atteindre le ciel, montant toujours plus haut, allant toujours plus loin! Au final, c’est un vrai labyrinthe : les rues se croisent et se recroisent, de petits escaliers secrets font la transition entre un quartier et un autre, de minuscules passages qu’on croirait sans issue nous mènent sur un marché improvisé, et pour apporter une touche rétro, un nombre incalculable d’antiques funiculaires en bois aux mécanismes archaïques vient trancher les pentes encore trop raides des cerros! Qu’il est bon de se perdre dans un tel lieu! D’autant plus que la seconde particularité de Valparaiso lui ajoute une gaieté incroyable : c’est comme si la palette d’un peintre était tombée là lors de la construction de la ville! Les maisons sont colorées de multiples tons, inventant des arcs-en-ciel en pagaille, et de nombreux murs portent fièrement l’empreinte des artistes de rue : des grafs en tous genres les habillent et leur offrent une personnalité unique, engagée, humoristique, ou encore poétique. Y flâner est bien agréable, enveloppé dans un parfum de bohème qui mène nos pas vers on ne sait où, mais qu’importe, ça ne pourra être que bien!
Hier s’est déroulée la Saint Pédro (même si tous les Pédro sont loin d’être des saints…!), évènement important ici car représentant la fête des pêcheurs. De nombreuses célébrations sont au programme en divers lieux de la ville, et nous tombons par hasard sur une troupe de danse. Habillés de splendides costumes éclatant de couleurs, les pauvres diables sont lancés sur une musique sans fin, se démènent, se déchaînent et y mettent clairement tout leur cœur! La fanfare ne leur laisse aucun répit, et c’est sans s’arrêter qu’ils dansent, chantent, crient, en un joyeux tohu-bohu qui ne peut que nous faire sourire!
Un petit tour pour finir à la maison de Pablo Neruda, qui est plutôt bien en accord avec la ville : c’est un petit Valparaiso intérieur, avec escaliers tarabiscotés, tableaux, objets de toutes formes et toutes couleurs, décoration saugrenue et autres idées farfelues que seul lui pouvait avoir! Encore une belle et intéressante visite, qui a également l’intérêt d’offrir de splendides vues sur toute la ville et la baie en contrebas. C’est d’ailleurs d’ici que Valparaiso se révèle le mieux. Il n’avait décidément pas choisi cette maison pour rien…
Notre itinéraire nous emmène maintenant du côté argentin. Mais la météo semble capricieuse, et nous ne sommes pas sûrs que le col entre les deux pays soit ouvert. Nous sommes en hiver, et traverser la cordillère des Andes n’est pas une mince affaire lorsque la neige est de la partie! On verra demain…
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