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Bolivie - Trek Condoriri et Ascension du Huayna Potosi


de C&C, 17-08-2009

Trek et sommet : Condoriri et Huayna Potosi.


Après une nuit en bus grande classe, La Paz nous accueille dans ses ruelles enchevêtrées et ses quartiers à flancs de colline. La ville ne nous séduit que très moyennement, mais peu importe, nous ne comptons pas nous y attarder. C’est ce que nous pouvons voir au-delà de celle-ci qui nous attire : les sommets enneigés de la Cordillère Royale.
Après deux jours de préparation, le choix est fait : 3 jours de trek dans le Condoriri suivis de 3 jours au Huayna Potosi.
L’équipe fantastique est formée : Nath et Rémi, pour changer, et Aurélie et Denis, deux adorables suisses! Notre belle balade peut commencer, et notre escorte de mules ne comptent pas moins de 11 têtes!
Les 3 jours de trek sont simplement éblouissants. C’est une nature incroyable de beauté et de diversité qui se dévoile au fil de nos pas : vastes étendues arides au dégradé d’ocres, vallées dominées de collines minérales menaçantes, lacs d’altitude aux teintes irréelles, chaînes de montagnes enneigées,… Notre chemin semble dédié à la Beauté, et ce sont les yeux grands ouverts et le doigt sur le déclencheur que nous le parcourons.
La première journée nous porte au camp de base du Condoriri. Difficile de trouver plus bel endroit pour planter sa tente : au pied de la montage du même nom, entouré d’une chaîne de sommets blancs, bordé d’un lac glaciaire. Soirée et nuit réussie!
Malgré les quelques flocons tombés la veille, c’est un lever de soleil clair et dégagé qui nous salue. La lumière du matin teinte les montagnes d’or, les sommets contemplent leur reflets parfaits dans le lac, l’air se réchauffe doucement, la nature retient son souffle : le moment est magique.
Cette seconde journée nous enchante tout autant, nous offrant le choc du bleu intense des lagunes contre le jaune des plaines, du noir de la montagne contre le blanc de son sommet, de la douceur des collines contre le tranchant des rochers, de la chaleur du soleil contre le froid du nuage! Les paysages sont magnifiques, l’ambiance du groupe est super, la marche est agréable ; on se sent plutôt bien! Et au-delà de cela, nous poursuivons notre acclimatation, notamment avec le passage d’un col à 5000m. Et oui, il nous faudra être en forme pour attaquer le Huayna Potosi! C’est d’ailleurs au pied de ce dernier que nous passons notre deuxième nuit sous tente. Nous l’aurons vu sous toutes ses coutures celui là, sauf celle par où nous devrons le grimper!
Le troisième jour clôt notre trek, et nous emmène au camp de base du Huayna. Ca y est, nous pouvons enfin voir notre futur itinéraire sur ses flancs! Ca n’a pas l’air simple! Mais il nous reste du temps : au programme, une journée repos au camp avec entraînement piolet et crampons sur glacier, une journée pour atteindre le camp d’altitude, et enfin, l’ascension finale.
Nous finissons donc notre jour 3 au refuge, profitant d’une douche moyennement chaude et d’un super feu de cheminée! Nos quartiers sont établis dans un dortoir de 7 personnes, mesurant environ 2x5m!
Le lendemain se voit rempli par une promenade matinale vers le Huayna, curiosité oblige, puis par des exercices de pratique piolet crampons sur le glacier : les différentes techniques pour monter et descendre une pente en coques et crampons, comment utiliser le piolet pour s’arrêter en cas de chute, comment manier conjointement crampons et piolet pour escalader un mur de glace, comment descendre en rappel ce même mur, etc…Chers parents, que je vois déjà pâlir, pas d’inquiétudes, ces exercices ont été réalisés plus pour nous amuser que par nécessité : l’ascension finale ne requiert pas autant de capacités!!
Le cinquième jour, après vérification de nos équipements, nous montons au camp d’altitude. Une bonne pente glacée à monter en chaussures de rando, et nous voici à 5300m, dans un refuge ressemblant étrangement à une boite de sardines! On nous avait dit qu’il y ferait très froid : à 15 dans 15m², nous avions tous les bras hors de nos sacs de couchage pendant la nuit!
Réveil à 1 heure du matin, petit dej plus que frugal, et c’est parti pour l’ascension! Nous sommes en cordée de deux par guide. Nathalie, malade, se voit obligée de rebrousser chemin. Rémi rejoint notre cordée, et hypnotisés par nos lampes frontales, nous grimpons doucement. Les étoiles brillent, et un croissant de lune rouge nous encourage. Bientôt, c’est La Paz et toutes ses lampes scintillantes que nous découvrons au loin.
Mais je ne vais pas assez vite pour les garçons. Un guide surgi de nul part emmène Rémi, mais Cédric reste avec moi. Mes jambes me font mal, et je ralentis encore le rythme. Le guide ne semble pas très content, mais plusieurs personnes nous ont prévenu de monter très doucement, et de garder des forces pour les 200 derniers mètres difficiles. Malheureusement, Cédric se fatigue à aller si lentement. Notre guide en appelle un second pour que nous puissions nous séparer. Le découragement commence : il me dit que je vais trop lentement et que je devrais redescendre…Certainement pas! Le second guide arrive, m’attache à sa corde, et alors que Cédric reprend son ascension, me dit que nous sommes prêts pour la descente. Arggghhhllllll! Il grommelle je ne sais quoi quand je l’informe de mon intention de monter, mais tant pis. Cédric rejoint rapidement Rémi, et ils monteront ensemble au sommet, où les suisses les y attendront, montagnards oblige! Photos sur la pointe sommitale, congratulations, snickers et lever de soleil seront fêtés dignement là haut : 6088 mètres, c’est une sacrée altitude, et un beau record! En 4h20 en plus! Chapeau! Le premier 6000 de Cédric, celui qu’il voulait gravir depuis notre départ en voyage!
De mon côté, je peine à monter. Mon guide n’est pas très agréable, et les quelques encouragements qui me feraient du bien sont remplacés par des «tu es trop lente, il vaudrait mieux redescendre». Est-ce l’esprit de contrariété ou bien autre chose? Je ne sais pas, mais je m’accroche à mon piolet et je continue. Sans altimètre ni montre, plus aucune notion du temps, juste l’horizon qui commence à s’illuminer. Soudain, j’entends «Doudou, c’est toi en bas?». Je lève la tête : c’est Cédric, tout en haut de la crête! Enfin les encouragements que j’attendais! La fin du chemin est très dure : beaucoup de glaces, quelques crevasses, des parois à grimper, des pentes raides. Je croise Aurélie et Denis, les suisses, qui redescendent et m’encouragent. Un peu plus loin, c’est Cédric et Rémi. Leur guide ne veut pas qu’ils m’attendent, allez savoir pourquoi. Ils sont «spéciaux» tous ces guides…Je m’accroche, je grimpe, j’escalade, et ça y est, j’y suis aussi! 6088m aussi pour moi! Mon premier 6000!J’aurai mis 5h !! La vue est incroyable : le lac Titicaca, l’Illimani, la Cordillère Royale, le tout baigné de nuages bas et de cette couleur dorée propre au petit matin. Wow! Bon, ok, je suis toute seule, pas de photo immortalisant l’instant car l’appareil est dans le sac de Cédric, pas de snickers de la victoire car dans la poche de Cédric…Tant pis! En redescendant, surprise : mon Doudou m’attend en bas de la crête! La descente est facilitée par la neige, et nous regagnons assez vite le refuge d’altitude. Bonne dernière de l’équipe, tout le monde m’a attendue. Sont vraiment sympas ces suisses et ces parisiens!
Tout le monde se félicite, on l’a vraiment bien mérité!
La descente jusqu’au camp de base est nettement moins marrante : entre pente glacée et pierrier, la technique rouler-bouler portera une nouvelle fois ses fruits, et c’est le pantalon de l’agence qui finira un trou dans les fesses!
Nous regagnons La Paz dans l’après-midi, et après une sieste salvatrice, un bon resto tous ensemble et au dodo! Un vrai lit, que c’est bon!

Pour conclure ce récit, ces 6 derniers jours resteront pour sûr un temps fort de notre voyage. Nous avons formé une super équipe, et avons passé de très bons moments ensemble. La mauvaise organisation de l’agence, les pertes d’équipements et de sacs de couchage, le matériel cassé, les gants pour la même main, les couvertures volées, les guides pas toujours à la hauteur, et surtout, le trop peu de bois pour la cheminée (!), ne sont pas à la hauteur de tous les supers souvenirs que nous allons garder de cette petite semaine! Un merci tout spécial au Doc et à Pépé pour leur bonne humeur, leur gentillesse, et leur très facile intégration dans nos concours «classiques» avec les parisiens J


L’anecdote de la fin : Cédric, voyant que j’allais arriver au sommet, donne mon snickers de la victoire à un mec montant lui aussi. Il lui dit de me le donner quand il me verra, que je suis facile à reconnaître avec mon bonnet à crête (qui par ailleurs à susciter beaucoup de rire chez tous les guides, qui m’appelaient le condor…). Et bien devinez où a fini mon snickers….

Commentaires sur cet article
Marraine
Je suis une fois de plus super fière de toi ma filleule! Et tu peux l'être de par le dépassement de toi-même.J'imagine très bien ce que tu as dû ressentir après cet exploit...
 
ElephantBlanc
Happy Birthday Caro! magnifique récit et félicitations à vous deux. Quelle preuve de courage, je n'en reviens pas!moi, j'aurai abandonné dans les premiers 1000m...LOL. Biz à vous deux.
 
Aurelie
Hello Caro, Joyeux Anniversaire! Quel plaisir de lire ton magnifique recit de notre épopée; j'en ai presque les larmes aux yeux de le lire en pensant qu'on y était ensemble!! C est vrai que cette experience restera dans nos coeurs! Au plaisir de vous revoir au Pérou ou en France, crête de coq et Cédric, hihi!
 
maman
felicitations,surtout à toi Caro.Je crois que vous n'avez pas fini de nous étonner.Les photos sont magnifiques.
 
mumita
S'il y a une personne qui mérite spécialement les félicitations c'est bien de notre puce que l'on parle mais un grand bravo aussi à Cédric pour sa performance. Bravo ma puce, quel courage, quel opiniâtreté, la barre était placée très haute mais comme d'habitude, rien ne t'arrête.
Quel magnifique récit:
 

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